Ukraine: Ioulia Timochenko redevient premier ministre
Le Parlement ukrainien a entériné, mardi 18 décembre, la nomination de l'égérie de la "révolution orange" Ioulia Timochenko à la tête du gouvernement, ouvrant ainsi la voie à son retour au pouvoir deux ans après son limogeage de ce poste.
Au total, 226 députés pro-occidentaux du bloc Timochenko et du parti présidentiel, soit la stricte majorité des 450 sièges du Parlement, ont soutenu la candidature de Mme Timochenko en votant l'un après l'autre, à main levée, dans la salle plénière de l'Assemblée. Un député pro-occidental s'est abstenu et un autre était absent. Les autres partis ont boycotté le vote.
"MONTRER L'INEFFICACITÉ DE LA COALITION PRO-OCCIDENTALE"Le Parlement ukrainien avait accepté, vendredi, de procéder à ce deuxième vote sur le rétablissement de Ioulia Timochenko, malgré l'échec d'une première tentative, mardi 11 décembre. La coalition, formée par le bloc de Timochenko et le parti Notre Ukraine du président Victor Iouchtchenko, détient une majorité de 227 voix à l'Assemblée issue des législatives de septembre. Le 11 décembre, néanmoins, elle n'avait obtenu que 225 voix sur 450, soit une de moins que la majorité.
Après cet échec, les alliés de Ioulia Timochenko ont accusé leurs adversaires d'avoir manipulé le système de vote électronique de la Chambre. Le camp adverse a répliqué que l'issue du vote mettait en évidence la faiblesse intrinsèque de sa coalition. Les pro-russes, qui contrôlaient le gouvernement sortant, "ne veulent pas laisser le pouvoir tranquille [et font traîner] dans l'espoir d'acheter" des parlementaires pro-occidentaux ou que quelques-uns de ces derniers ne viennent pas à l'Assemblée, avait accusé le député Mykola Syvoulsky, allié au parti présidentiel, sur la chaîne parlementaire. L'opposition "s'efforce aussi de montrer l'inefficacité de la coalition pro-occidentale", qui n'a qu'un très mince avantage sur les autres parties au Parlement, "pour pousser le président vers la formation d'une grande coalition" incluant des pro-russes, avait ajouté l'analyste politique Iouri Iakimenko, du Centre Razoumkov.



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